La poésie qui émane des toiles de Murielle Argoud invite irrésistiblement à les accompagner de ce

poème de Verlaine (La Lune blanche). Tendresse des mots, tendresse des couleurs. Vibrations de l'air,

vibrations des coloris. Atmosphère vaporeuse où le ciel et la mer se confondent, apaisés.

Instants éphémères entre tous où la nature atteint la sérénité, le silence, où toute trace humaine

est endormie. A l'aurore, au  crépuscule, dans la chaleur du midi, au soleil de minuit, les teintes

s'esquissent, s'estompent, se superposent, traversées par des lueurs irisées; les reflets ondoyants

répercutés par des nuages fluides donnent des impressions fugaces et cependant éternelles. Au coeur

d'un camaïeu de bleus éclairés par l'astre de la nuit, ou d'un camaïeu de sable et d'ocre, l'esprit s'évade

à mille lieues.


Quelle artiste est là présente à l'heure des étoiles filantes, du rayon vert, des mirages pour surprendre la mystérieuse alchimie de la terre et des eaux mêlées ? Comme si tout se passait dans un regard, la scène se joue dans le cadre d'un oeil, miroir de toutes les illuminations, de tous les chatoiements.


On ne sait pas grand-chose de Murielle Argoud si ce n'est qu'elle est née à Lyon en 1954, qu'elle vit en Suisse, qu'elle aime <dans la fusion des couleurs, dans le souffle vibrant des éléments de la nature, à recréer de nouveaux espaces intérieurs, certaines musiques les habitent, certaines senteurs les enveloppent>.


A-t-on besoin d'en savoir plus ? Ses toiles parlent pour elle. Lumineuses et rayonnantes.



Brigitte des ISLES

Journaliste




Galerie Christine Colas, Paris 3ème

Arts Actualités Magazine, septembre/octobre 2004

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